Elles s’appuient sur :
Les thématiques sont regroupées au sein de trois axes :
Par le Professeur François Genêt, Président IPS, Directeur laboratoire Handistart, UVSQ, APHP.
Projet : Développement d’une plateforme de recherche dédiée au suivi métabolique des personnes en situation de handicap
Contexte : même s’il est encore difficile d’obtenir des chiffres populationnels fiables sur le handicap, il n’en reste pas moins que l’augmentation de l’espérance de vie de cette population ne cesse d’augmenter, tout type de handicaps confondus. Len effet, les derniers chiffres de l’INSEE montrent que les courbes d’espérance de vie de la population générale et celle de la population en SH décrivent des trajectoires qui tendent à se rejoindre. Se pose donc la question du bien vieillir de cette population sans « surhandicap » qui reste aujourd’hui une vraie question de santé publique et d’accès aux soins. Les stratégies de prévention s’inscrivant sur des temps longs, il parait pertinent de s’intéresser à toutes les tranches de cette population afin d’obtenir des données fiables et élaborer les suivis adaptés à leur spécificité.
Objectif : créer la première entité de recherche totalement dédiée aux données métaboliques de la population en situation de handicap. Ce champ couvre ceux de la santé osseuse, de la nutrition, les troubles endocriniens, articulaires, respiratoires, cardiaques, santé de la femme, etc.
Mise en place : face à l’ambition et l’envergure du projet et considérant l’importance de l’investissement nécessaire au développement d’une telle orientation de recherche, la stratégie retenue est une montée en charge progressive, phasée sur la capacité par l’IPS à développer chaque axe de cette thématique. Du fait même des compétences médicales et de recherches actuelles, il est a été décidé de débuter ce programme par la santé osseuse. En effet les troubles du métabolisme osseux (perte osseuse, ostéoporose, ossification hétérotopique) sont plus importants dans cette population du fait même de l’existence de facteurs de risque supplémentaires par rapport à la population générale (immobilité, peu d’exposition solaire (confinement en intérieur), décharge, peu d’activité physique, apports alimentaires variables, altération de la régulation du système nerveux autonome, …). Parallèlement nous sommes en mesure d’ouvrir également une unité d’évaluation et de prise en charge et d’évaluation nutritionnelle. En effet cette population plus sédentaire développe des risques de surpoids et obésité plus importants que la population générale avec des difficultés de perte de poids qui sont beaucoup plus difficiles. En effet la dépense énergétique de repos est souvent très abaissée, surtout chez le paralytique et la pratique d’activité physique et de sport sont réduites également, pour une population qui a des difficultés supplémentaires à accéder au « bien manger » (50% des personnes en situation de handicap en IDF vivent en quartier politique de la ville versus 32% pour la population ordinaire).
Stratégie de développement : comme évoqué ci-dessus, l’IPS aura la possibilité en fonction de sa capacité d’investissement et de levée de fond d’ouvrir d’autres axes de recherche. Il existe deux paramètres sur lesquelles celle-ci peut jouer : soit l’ouverture à une nouvelle activité (santé de la femme, cardio-respiratoire, arthrose, etc.) soit en ouvrant des thématiques déjà exploitées à d’autres tranches d’âge, les extrêmes de vie étant pour nous des cibles prioritaires.
Financement : le développement d’un tel projet impose des investissements importants tant en termes de recrutement que de matériel. Nous avons décidé de faire croître le projet selon les capacités d’investissement de la Fondation IPS sur ces sujets. Sur le plan des ressources humaines, certains recrutements seront partagés entre les différents axes (Assistant de Recherche Clinique, Infirmière en Pratique Avancée…), d’autres plus spécifiques de chaque axe titulaire (endocrinologue, physiologiste, …) d’autres plus transitoires (doctorant, post doc…). A chaque axe sera adossé un investissement en matériel afin de pour réaliser les évaluations dans les meilleures conditions et spécifiques des populations étudiées.
Ce projet ambitieux et d’avenir ne peut débuter sans une première levée de fonds auprès d’opérateurs concernés par le handicap, la recherche de niveau universitaire, pragmatique, avec des retombées immédiates sur la santé des personnes en situation de handicap. Les besoins pour démarrer les activités santé osseuse et nutrition sont évalués à un montant initial de 400k€.
La compensation du handicap, pour effectuer une activité physique, nécessite la production de dispositifs médicaux externes sur mesure (prothèse, orthèse, fauteuil…) dont l’interface homme/dispositif demeure souvent l’élément le plus complexe et délicat à réaliser.
Source de confort, de performance ou au contraire d’inconfort, de contre-performance et de blessure ces interfaces (emboiture, corset-siège…) trouveraient dans le jumeau virtuel un système d’évaluation haut de gamme et performant, à notre connaissance jamais encore utilisé.
La combinaison des technologies virtuelles et numériques ainsi que de l’intelligence artificielle développé par Dassault Systèmes sont des leviers puissants au service du modèle de santé centré sur le patient. Il favoriserait par ailleurs une méthodologie de recherche clinique que nous promouvons depuis de longues années, l’anatomie fonctionnelle.
En complément, la maîtrise par le Groupe Lagarrigue et le groupe Eqwal des expertises et des données nécessaires à la conception-Réalisation du GAO renforce cette coopération en lui permettant la production d’appareillages et le recueil de données.
C’est dans ce contexte que nous avons recruté un ingénieur alternant afin de valider la pertinence de ce jumeau virtuel comme modèle prédictif d’aide à la conception réalisation d’orthèses plantaires.
C’est dans les « Annals of Physical and Rehabilitation Medecine » que cet article, dont le premier auteur est le Professeur François Genêt, vient d’être publié. Cette revue appartenant à la SOFMER et éditée par le groupe Elsevier est l’une des plus cotées mondialement dans la spécialité. Elle valide l’apport de cette orthèse assistée par microprocesseur qui est commercialisée par Otto Bock sous le nom de C-Brace.
Cet essai croisé randomisé a inclus des personnes souffrant d’insuffisance quadricipitale et rencontrant des difficultés à se déplacer en milieu communautaire qui utilisent généralement des orthèses cruro-pédieuses (OCP) à contrôle de phase d’appui (Stance Control Orthosis – SCO, permettant le verrouillage du genou en phase d’appui), mais présentent des limitations dans leur mobilité et dans leurs activités quotidiennes.
L’étude a donc comparé l’impact sur la mobilité procurée par les OCP versus l’orthèse C-Brace, une orthèse innovante dont le genou est contrôlé par microprocesseur.
Pour cela les auteurs ont utilisé le questionnaire d’auto-évaluation PLUS-M™ (12 items) et analysé l’effet sur la qualité de vie, l’endurance, la confiance en l’équilibre, la participation, la satisfaction et l’adaptation psychosociale.
Cet essai international multicentrique randomisé croisé a été mené dans 17 centres de réadaptation de deux pays européens, la France et l’Allemagne. Des patients ambulatoires (capables de marcher à 3 km/h) ont été équipés de l’orthèse en C et de leur orthèse SCO, selon une séquence randomisée (période de transition de 2 semaines). L’impact de chaque orthèse a été évalué après 2 mois d’utilisation en conditions réelles au moyen de six auto-questionnaires et d’un test de marche.
Les résultats ont été particulièrement probant avec par exemple des scores de mobilité, de santé et d’utilité significativement améliorés (Plus de 20% pour chacun). Ce dispositif innovant est d’ailleurs admis au remboursement en France depuis un an.
Une publication qui s’ajoute à la dizaine d’autres articles déjà publiés cette année dans des revues médicales et scientifiques à comité de lecture et qui confirme l’ancrage hospitalo-universitaire de l’IPS.
Impact of a microprocessor-controlled knee-ankle-foot orthosis in community ambulators with quadriceps insufficiency fitted with an SCO:a randomized crossover trial.